Green is the sea

Green is the sea
Je me suis habillée comme une pute aujourd’hui
Une bien belle pute pour ton regard maniaco
Y a que ma chatte que tu peux pas voir
Faudrait que j’ouvre mes cuisses
Et quand je marche tu vois
Ça se croise, ça s’entrouvre mais pas assez grand pour que tu puisses apprécier
Si elle est assez bonne pour toi
Si j’ai fait comme il faut
Pour que tu n’aies que ça dans la tête.
Que quand tu me regardes tu bandes,
Direct dans tes Ray-Ban
Sous ton regard de rat mineur
La queue coincée entre évier et latrines
Le temps de rincer ta libido
Croyant que ça m’laisse pas indifférente.
Je me suis habillée comme une pute aujourd’hui
Pas plus que ta veste en cuir de cafard
tes mots crasseux
et tes bagouzes
que tu m’collerais bien en ecchymoses.
Je me suis habillée de trois fois rien
Pas plus que d’habitude
Sans astiquer mon cul pour sur tes névroses
En pole position
Pour que j’y piétine ton épitaphe

Tu viens de me faire revivre une journée auprès de toi

Il fait beau

Je le suppose

Il fait beau parce que le document dit que nous nous sommes vus en juin

Il fait beau parce qu’en juin c’est ainsi

Il fait beau parce que c’est toi

Ce jour de juin.

Tu ne me reviens jamais

Jamais tout à fait

Je n’entends plus ta voix

Ta voix a disparu sans mémoire

Il n'y a pas de traces de toi vivant uniquement que quelques mots

et les mots c'est si peu.

Parfois un parfum te ramène

Mais les gens d’aujourd’hui ne portent plus les parfums d’autrefois

Semble t-il

Tu es trop vieux

Ils sont trop jeunes

Tu l’as toujours été

Tu es trop vieux et trop mort pour porter quoi que ce soit

Sauf aujourd’hui

Où mon nom porte ce que tu t’es gardé

Au loin

Il n'y a pas de traces de toi vivant uniquement que quelques mots

tes mots de si peu.

Il n'y a que moi

Où vivante tu reposes

Là où ton nom me tient pour étrangère.

Tu viens de me faire revivre une journée auprès de toi

Sans toi

Comme toujours
Nous étions des rendez-vous dans l’absolu parce que.
Nous sommes ce que nous sommes.
La somme en somme de ce qui nous façonne, de ce qui nous compose, de ce que nous composons avec. Ou sans.
Nous étions des rendez-vous dans l’absolu parce que.
Nous avions des choses à nous dire, à nous vivre, à vivre en nous.
La somme de ce que nous sommes à faire
ensemble.
A faire ensemble dans l’absolu, nous étions des rendez-vous.  
Des rendez-vous dans l’absolu, en tête à tête, en tête à être.
Nous avions des choses à nous faire, des choses sans avoir besoin de faire juste le besoin d’être et de nous faire.
Nous étions une nécessité.
Dans l’absolu.
Etre un nous à nous, dans l’absolu.
Nos rendez-vous, absolument.
Dans l’absolu nos allers les venues des aller vers, nos allers les venues vers l’avenir.
Nos rendez-vous, s’y déplacer de l’un vers l’autre. En un endroit précis.
Précis de nos rendez-vous. Précisément de là où l’un ou l’autre se tient.
Ce qui vit se tient.
Ce qui vit se tient à un endroit précis.
Aller vers ce qui se tient, se vit quelque part.
Vers toi.
Nous étions nos rendez-vous dans l’absolu.
A transformer le loin en près.
Nous étions nos rendez-vous dans mon absolu.
Là où tu te tiens.
En somme.
Il faut que je jouisse tu comprends
Il faut que ce qui se trouve à l’intérieur et qui me brûle sorte, décampe, dégage
Et que je respire

Il faut que je respire avec ma voix saisie par ton être de feu
Quand tu entres
En pointillés
Que mes lèvres reçoivent tes voyelles
Tes voyelles de doigts
Que mon sexe salive.

Il faut que je jouisse tu comprends
Que mes yeux se ferment et que ma bouche s’ouvre
A ma voix
Quand elle pétille à ta venue
Dans un souffle à jouir
Qui me remplit d’apparitions
Par à-coups
Ou longuement
Le parcours et l’éclair
Tu me pénètres
Et ma vague prospère.

Il faut que je jouisse tu comprends
Dans la grâce de ton évidence
Ta queue dans ma chatte
Crier recommencer.

Il faut que je te jouisse tu comprends
En chacun de nos chemins
Devenir et devenir pendant que tu me traverses
Flamboyante et lapée
Plus bas
Dedans
Tu te faufiles
Et je t’appelle en murmure ma résolution
Ta langue suit mon geste ou le précède
Tous les ciels en moi
Je vais de ce côté où ta langue me jouit à tomber
-je t’aime
Et je chute

Il faut que je te jouisse tu comprends,
Ni femme ni chienne ni pute ni aimante,
De l’autre côté tout contre
Quand tes yeux s’ouvrent sur mon impuissance la gueule ouverte comme éblouie
En plaisir de toi qui me traverse
Et que mon corps éclate et s’élance
Toutes les directions où je suis
Ni femme ni chienne ni pute ni aimante ni rien de plus
Que je suis
Tous les possibles
Quand tu es en moi
Je suis
Tous tes possibles autant que les miens
Quand tu entres
Glisse
Va et je deviens et redeviens encore
D’horizon à horizon
Heureuse
Dans le cri à venir.

Il faut que je te jouisse tu comprends
Que tu sois là et que tu m’envisages
Nue à tes nuits
Quand j’ai tout essayé
Toi et moi non diminués
Du rêve au réel qui vient.

Il faut jouir loin du neutre
Désormais vulgaire
Puisque la vague est devenue vague
Et que nous l’habitons.

Devenir et devenir
Toute ma peau y pense
Là où je suis
Là où je te pense
Là où ma peau
renouvèle ton inconnu
Et la nôtre
En devenir.

Mathieu Simonet / La Paternité

Certains ont pu lire ici un texte qui est extrait d'un récit que j'ai intitulé "En attaché".
Il est terminé. Il me faudrait juste passer le cap de trouver une adresse, de le mettre sous enveloppe et de l'envoyer.
En attendant il est là.
Parfois il circule sur ce blog, par petits bouts, pudiquement, il m'est encore pudique et sans retours. Un peu beaucoup encore dans la crainte de ce qu'on pourrait en dire, de ces retours qui viendront négatifs si toutefois des réponses y sont apportées et tout ce temps là qui viendra inscrire d'autres doutes supplémentaires.
Il est là ce récit intime que je crois pouvoir proposer tel quel. J'aurais besoin d'un regard, d'un accompagnement sans doute, de ce dialogue entre celui qui vient de recevoir et ces mots qu'on a mis en page, sans doute avec maladresse mais avec le cœur.

Souvent, les textes que je partage ici, je les accompagne d'un écho sur le réseau social. Ils voyagent un peu plus et les commentaires sont directs, quasi instantanés.

Celui de Pauline Sauveur a retenu mon attention parce qu'elle a évoqué un projet sur le blog de l'écrivain Mathieu Simonet "la paternité".
Il s'inscrit dans le prolongement de son dernier roman "Barbe rose" où il esquisse le portrait du père. La consigne est simple : écrire sur le père, adresser son texte à contact@mathieusimonet.com qui se chargera de le mettre en ligne sur son blog.

En allant visiter ce projet collectif, j'y ai retrouvé des voix que j'aime lire et qui me sont familières dont on reconnait tout de suite l'écriture et ces voix de père par touches pudiques, délicates, aimantes, dures, étonnantes créent une terre magnifique dans laquelle je suis heureuse d'y ajouter une petite brindille qui se trouve là : http://lapaternite.blogspot.fr/#!

Je pourrais très bien écrire à l’école que mon père s’appelle Fernando Pessoa ou encore Bernardo Soarès aussi bien que Ricardo Reis. Les gens auraient un nom à ronger, c’est tout ce qu’ils veulent avoir. Avec Frédéric Mistral, là où j’habite, on ne m’aurait pas pris au sérieux.  J’aurais pu être la fille du président de la République mais quelqu’un d’autre l’a fait et on m’aurait accusé de vouloir en mettre plein la vue.  Je pourrais dire que je suis la fille de n’importe qui si je voulais. Même si je n'en porte pas le nom. Les patronymes ne révèlent rien, parfois ils sont les lits des secrets où gisant on repose à peine nouveau-né.






Une seule fois j’ai voulu remplir le formulaire en notant le nom de mon père mais au dernier moment je me suis dégonflée, de peur que par ma faute, le monde entier s’écroule, qu’une très très vilaine chose nous tombe dessus ou pire, que dans mon verbe un poison y soit caché, quasi mortel et que pour me punir il ne la tue pas. Une lente agonie sans parole, en sidération, avec uniquement ses yeux pour me foudroyer, bien ouverts et tout en grand, suffisamment pour me faire comprendre qu’à présent je serai bien seule, que ce serait uniquement par ma faute et que je l’aurais bien mérité.

J’aurais pu le faire et rien de tout cela ne serait arrivé.
Il y a ceux qui savent, ceux qui cachent, ceux qui après coup se gonflent d’avoir toujours su, ceux qui s’indignent, ceux qui s’en foutent, et surtout, ce grand silence qui regagne les vies déjà bien mutiques et en grand besoin de bavardages pour se laisser croire qu’ils sont encore vivants.
Le nom de mon père m’est resté sur le bout de la langue. Il est ma première langue étrangère.
J'ai marché plusieurs jours
Sans savoir ni le jour ni la nuit
J’ai marché comme seul souvenir
Parmi des jardins
À la porte d’entrée.
Toujours la même
Sans regards.
J’ai marché pour marcher
Et sans connaître nulle fatigue
J’ai traversé les heures
Jusqu'à toi
Immobile.
Je gardais les bras ballants
Parfois ils touchaient terre.
Je parlais pour toi
En silence.
Ta voix dans la mienne
Était ta voix.
Celle que j’ai connue
Alors que mes bras
S’allongeaient
Au pays de ton corps.
J’ai marché plusieurs jours
Dans mon rêve
Et tes quelques mots d’amoureux